Martin Fayulu, candidat unique de l’opposition

L’opposition de la RDC a désormais un candidat unique à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018. C’est Martin Fayulu désigné par les 7 ténors de l’opposition réunis à Genève, en Suisse. Martin Fayulu se battra contre le candidat du FCC, Emmanuel Ramazani Shadari pour obtenir le mandat du peuple de diriger la RDC à partir de janvier 2019.

L’élection présidentielle de 2018 en RDC nous livre des surprises et de nouveautés. Se référant au modèle occidental, aux Etats-Unis et en France pour ne citer que les deux, les acteurs politiques congolais ont choisi aussi de bipolariser la scène politique, avec deux camps et deux candidats pour éviter disperser les efforts communs respectifs. Ce duel entre Shadary et Fayulu fera date et apportera du bien à la démocratie, autant le changement à la tête du pays, avec au bout la passation de pouvoir entre le président élu entrant et le président élu sortant.

Mais tout le problème réside au niveau de la solidité et de la fiabilité des deux blocs d’alliances, d’un côté le FCC et de l’autre côté l’opposition. Dans quel contexte et dans quelles conditions ces deux blocs se sont formés. Vont-ils résister à l’après élection du 23 décembre ? Il est clair qu’ils se sont formés par nécessité et contrainte politique.  La configuration du FCC pourra certainement changer, après les élections et la distribution des cartes des cadres et membres qui le composent aujourd’hui, cadres dont la majorité est aux affaires. En quelque sorte, on adhère au FCC pour conserver son poste et non par conviction politique. Il ne serait pas étonnant de voir certains cadres, partis politiques et plates-formes du FCC basculer dans l’opposition en 2019. C’est le camp de l’opposition qui nous semble fragile. Si Martin Fayulu a été désigné, il l’a été sous pression interne de l’opposition où règnent des nombreuses contradictions et sous les pressions externes des nombreux partenaires de l’opposition dont la majorité au pouvoir. L’opposition, c’est des candidats écartés ou invalidés de la course présidentielle. C’est aussi des candidats avec des dossiers compromettants du passé exhumés par la majorité et qui les affaiblissent.  Dans quelle mesure cette opposition pourrait-elle  conserver son unité avec ou sans la victoire aux prochaines élections d’autant plus qu’elle se construit déjà sur des bases instables.  De toutes les façons, les militants des partis de l’opposition n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Un deuxième défi réside au niveau des moyens à mobiliser pour organiser et gagner les élections pour chaque camp. Des accusations sérieuses sont enregistrées à l’endroit du FCC accusé d’utilisation illégale des moyens de l’Etat par ses membres. Les interrogations portent aussi sur les coordonnateurs du FCC en province, qui sont dans la majorité, des gouverneurs de Province en fonction. Le cumul des fonctions est-il permis par la loi électorale ? La majorité s’en défend, sans convaincre. Insuffisance de preuve sans doute. On pourrait dire que le temps est défaveur de l’opposition qui dispose de dix jours pour réunir les moyens pour organiser la campagne à partir du 22 du mois en cours. A peine désigné, Martin Fayulu aura du mal à réunir et organiser ses troupes devant les contestations des parties prenantes de l’opposition. Ensuite, il aura du mal de relever le défi de faire écarter l’usage de la machine à voter et la révision du fichier électoral.

De toutes façons, la désignation de Martin Fayulu relance tous les espoirs.

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